
Jours 13-14 - Bukhara
Comme je vous le disais hier soir, nous avons passé hier, une très belle journée sous le ciel des Médersa.
Journée chargée en découvertes architecturales. Une journée pour découvrir une bonne partie des richesses de Boukhara.
Alors allons-y :
Dès le matin, après un solide petit déjeuner, nous partons sur la place qui jouxte notre hôtel pour découvrir l’ensemble architectural Poï Kalon qui comprend la médersa Mir-e-Arab encore en activité. Derrière les grilles nous apercevons des étudiants en chemise blanche et pantalon noir. La façade est sublime et riche en mosaïques bleues, comme il se doit. Face à elle se dresse la mosquée Kalon que nous visitons drapées dans nos voiles. Les garçons, eux, peuvent rester tête nue. Très bel espace de paix et de sérénité. A chaque extrémité un labyrinthe de voûtes de pierre qui s’entrecroisent dans une symétrie parfaite et contribuent à la beauté sublime du lieu. En ressortant nous admirons le minaret Minor-e-Kalon qui se dresse à droite de la mosquée : une dentelle de céramique dans les tons ocres. C’est de là que 5 fois par jour résonne l’appel à la prière.
Puis notre visite nous mène vers des galeries commerciales. Rien à voir avec ce que nous connaissons en Occident. Ici, sous des voûtes séculaires, des boutiques se dressent dans d’anciennes cellules, dans des renfoncements, des recoins, et regorgent de tapis, soieries multicolores, vêtements bariolés au son d’instruments anciens. Tout est là pour appâter les touristes qui sont au rendez-vous. C’est presque trop : trop de marchandises, trop de tout, mais néanmoins quelle beauté architecturale, et quelle richesse de couleurs. Nous nous arrêtons dans un atelier de fabrication de tapis : kilims, tapis persans… de qualités diverses. Tout dépend du nombre de nœuds au centimètre carré. Les prix sont en conséquence : de 100 euros à 250 000 euros pour un tapis (soi-disant) volant ! Nous entrons ensuite dans un centre de fabrication de bijoux, de vases et de couteaux : Toki Zargarom ; le dôme suivant abrite Toki-Tel-parkh-Fourochon (un chapelier). En sortant nous découvrons la Médersa Abdul Aziz Khan (17ème siècle) et en face celle de Ulug- Beg qui date du 15ème siècle. L’une parfaitement restaurée, l’autre en cours de restauration, mais dans les deux cas, sublimes.
Nous poursuivons à travers les rues et arrivons à de nouveaux dômes. Topi Sarafom, le bureau de change de l’époque des Khan, où les marchands changeaient toutes sortes de monnaies provenant des divers empires : perses, turques, tadjikes… pour obtenir la monnaie en cours à Boukhara. Une dame plantureuse semble tout droit issue de cette époque ; elle harangue d’une voix de stentor le chaland ébahi, et vend des friandises orientales. Et ça marche ! autour d’elle une nuée d’acheteurs, dont nos chers élèves. Un peu plus loin nous apercevons le Kanaka, ancien hôtel réservé aux derviches, puis un ancien caravansérail (l’endroit où les marchands faisaient halte pour la nuit mais aussi pour vendre leurs marchandises. Les chameaux dormaient à l’arrière du caravansérail et les marchands dans des petites chambres à l’étage).
Nous arrivons ensuite sur une place immense, riche en touristes et curieux. En son centre un immense bassin entouré de mûriers et sous les arbres, derrière l’attroupement des badauds la Statue du Mollah Nassreddine : juché sur son âne, ce personnage de légende fait la joie depuis des siècles des grands et des petits de la Turquie à l’Iran en passant par le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Ce Mollah, un peu niais pour certains, érudit pour d’autres, réglait les problèmes que les citoyens n’osaient aborder devant l’Emir, en les tournant en dérision, en bouffonneries. En voici deux exemples :
- Un service entre voisins : Un jour, le voisin de Nasreddine vint lui emprunter son âne. « Malheureusement, dit le Mollah, il n’est pas là en ce moment ». Or à cet instant précis, on entendit l’âne braire. « Eh bien, si l’âne n’est pas là, demanda l’autre, pouvez-vous me dire qui est en train de braire ? » - « Homme de peu de foi, s’emporta le Mollah. Tu doutes de la parole d’un vénérable vieillard, mais tu croies sur parole le braiement d’un âne ! »
Ou encore ceci :
- Des fidèles du mollah se trouvaient en grande discussion à propos d’une certaine contrée d’Afrique où, disaient-ils, il faisait si chaud que les gens ne pouvaient supporter de vêtements et se promenaient tout nus. « Mais alors, demanda le Mollah Nassreddine, sans les habits, comment font-ils pour distinguer les hommes des femmes ? »
Derrière ce monument où se pressent et se bousculent touristes et locaux, on aperçoit la Médersa Nodir Deron Begi qui était le premier ministre du Khan au 17ème siècle.
Et enfin nous passons devant la Médersa Kukal Dosh, la plus grande d’Asie centrale.
Après toutes ces découvertes, les cerveaux sont en surchauffe. Et donc quartier libre pour tous jusqu’à 18H30. On se retrouve dans un bar restaurant qui surplombe l’ensemble Poï Kalon visité ce matin. Nous allons boire un verre avec tout le groupe pour commencer à fêter les 18 ans de Ambre. Devant nous le soleil couchant fait flamboyer les mosaïques et les coupoles des médersa.
La suite, vous la connaissez, fête pour l’anniversaire de Ambre.
Et comme tout le monde s’est couché tard, petite grasse mat le lendemain.
Jour 14 – Boukhara.
Journée libre pour tout le monde. Nous allons dépenser notre argent dans les innombrables boutiques de la ville.
Et ce soir, pas de sortie, il faut faire les sacs, qui décidément rapetissent au fil du voyage.
Cette nuit, nous quittons Boukhara. Notre train part à 2 heures pour Khiva. Nous allons voyager en « platskart », compartiment dortoir en troisième classe. Mais ce sera une autre histoire.
Faites de beaux rêves et à demain.
























