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Jour 7 - De Samarkand à Sarchashma

Une petite connexion s'offre à nous, on en profite pour vous raconter la suite depuis le départ de Samarkand :

 

Le plus difficile, ce matin, ce n’est pas le réveil, mais de refaire les bagages et de ranger. 4 jours dans la même chambre, ça laisse des traces. Et on dirait que les sacs de voyage ont rétréci.

Nozim est là, avec un de ses frères et un cousin. Un peu plus loin sur le bord de la route nous attendent 7 voitures. Impossible de faire entrer tous nos bagages, mais qu’à cela ne tienne, Nozim commande 2 voitures supplémentaires. Enfin, bagages, élèves et adultes sont à bord. Le voyage peut commencer.

Longtemps, nous traversons la banlieue de Samarkand, nous longeons commerces, boutiques en tous genres, usines. Puis les maisons s’espacent, les vaches en laisse broutent sur le bas-côté, des camions poussifs ralentissent notre rythme. Les cahots de la route nous bercent ou parfois nous bousculent. Il fait chaud. Très chaud même. 1 heure plus tard, nous arrivons au col de Taxtakaracha, à 1700 mètres. La pause est bienvenue et très colorée. Partout des stands de fruits secs, abricots, raisins, noix, pistaches des montagnes, d’Iran ou de Turquie, du fromage… de quoi satisfaire notre gourmandise.

Nous repartons. La route plonge à présent vers une large vallée où s’étale la ville répondant au nom imprononçable de SARKHCHISABZ. Essayez, on vous paie des pistaches si vous y arrivez !!!

Les voitures se garent. On sort les bagages et on les recharge dans des 4X4. Et c’est parti pour la dernière étape.

La route s’engage dans une gorge. Les rochers sont rouges, ocres… les formes sont très variées : des rochers granitiques ronds (des tafonis) alternent avec des empilements de strates sédimentaires entaillées par les torrents. Soudain, un mur se dresse devant nous : un immense barrage de terre. Arrivés au sommet, une pause pour aller admirer la retenue d’eau de couleur turquoise qui serpente entre les vallées. Au-dessus se dressent les montagnes enneigées des contreforts du Pamir. Des sommets qui frisent les 4000 mètres d’altitude. La vue est incroyable.

On redémarre pour le dernier tronçon. La route se fait piste, souvent de guingois, creusée d’ornières. Le rythme est plus lent. Les véhicules peinent, calent par moment. Il faut descendre pour laisser redémarrer la voiture. Parfois un camion nous ralentit encore. Et enfin au bout de 6 heures de voyage, (qui pourtant nous a semblé court, tant la vue était sublime), Sarchashma apparaît, accroché à la montagne. Des toits de tôle, des murs en briques d’argile crue, recouvertes de torchis, l’étage souvent fait en colombages. Vaches et ânes sillonnent les rues. Les chiens somnolent au soleil. Le village a été fondé en 1305, et il compte aujourd’hui près de 4000 habitants.

Nous arrivons chez les parents de Nozim. Sa mère et toute sa famille nous accueillent. Nous entrons dans une très grande maison de style tadjike. On se déchausse à l’entrée. Toute la maison est couverte de tapis. Les bagages sont montés à l’étage qui nous est réservé.  4 Chambres où sont étalés des matelas sur le sol, et sur le vaste palier, sont dressées des tables basses couvertes de fruits secs, confiseries et gâteaux. Nous prenons place sur les coussins pour déguster une soupe et du thé. Depuis 2 mois les femmes de la maison s’affairent pour coudre housses de couettes et de matelas afin de nous recevoir. L’accueil qui nous est offert est merveilleux.

Après le déjeuner, un peu de repos, puis certains partent découvrir le village. Les ânes sont rois. Chaque famille en possède 1. Bien plus pratique que les voitures pour transporter bois, sacs, pierres ou autre sur les chemins escarpés. On croise aussi des 4X4 antédiluviens datant de l’ère soviétique, et des camions tout aussi soviétiques.

En haut du village, l'appel à la prière vient troubler le silence ambiant. Des noyers séculaires bordent la route.

Nous ne passons pas inaperçus dans le village. Tous les 3 mètres on s’arrête pour saluer l’ancienne prof de français, un passant ou un enfant curieux.

Pendant ce temps-là chez Nozim les femmes s‘activent et préparent le plof pour le dîner. Vers 20H30 tout le monde est attablé et dévore. Le plof est délicieux.

Nozim nous rejoint, pour nous parler de son enfance passée dans le village, des hivers glacés où il fallait déblayer les 2 mètres de neige qui s’accumulaient régulièrement devant la porte. Le matin, la maison était gelée au réveil. Sa mère se levait à 5 heures pour faire du feu. La toilette se faisait avec les moyens du bord. Il n’y a une douche dans la maison que depuis quelques années seulement. Le travail avec les touristes permet d’améliorer peu à peu le confort. Les toilettes sont toujours dans le jardin. Il nous parle du confort que nous connaissons et nous incite à réfléchir sur la chance que nous avons dans nos maisonnées occidentales.

En bas, les enfants de la famille vont se coucher. La soirée se termine en chuchotant. Puis chacun regagne sa couette et gros dodo dans le village silencieux.

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