
Jour 9 - Sarshashma
Aujourd’hui, la journée était sous le signe de la randonnée. Nozim nous a annoncé hier soir un dénivelé de 200 à 500 mètres. Le but est de faire le tour de la montagne aux 40 filles.
Nous partons avec un âne qui transporte notre pique-nique.
Le chemin part du village et s’élève rapidement. Autour de nous des prairies ceinturées de cailloux. En fait, ce sont des parcelles que les paysans cultivent en été. Mais pour parvenir à cela, ils doivent tout d’abord dépierrer les champs. Le travail se fait à la main. Armés de simples pelles et de barres-à-mines, ils retirent peu à peu toutes les pierres sur des terrains souvent très pentus, afin de planter ensuite des pommes de terre. Un travail de titan.
Plus on prend de l’altitude, plus la vue est spectaculaire. Mais toujours autour de nous ces mêmes parcelles de terrain. En fait, les cultures se font jusque très haut dans la montagne. Il faut utiliser au mieux toutes les terres. La végétation aux alentours est rase, mais néanmoins très variée. Beaucoup de fleurs, pour le moment encore en bourgeons, des arbrisseaux épineux. D’ici 2 semaines la montagne entière sera un jardin fleuri. De l’eau court partout sous formes de ruisselets qui dévalent les pentes. De jeunes marmottes fuient à notre arrivée.
Peu à peu se dessinent les hauts sommets encore enneigés. Un peu de neige sur le chemin fait la joie de nos ados.
Et enfin c’est l’arrivée au col. Les hauts sommets se dressent subitement devant nous. Ils culminent à presque 4000 mètres d’altitude. Ce sont les contreforts du Pamir. Au-delà c’est le Tadjikistan et plus à l’est, la chaîne de l’Himalaya. Nous nous sentons subitement très petits, mais éblouis par la beauté du site.
Le pique-nique est sorti des sacs transportés par l’âne. En fait de pique-nique, c’est un vrai repas chaud servi dans des assiettes en porcelaine et du thé. Incroyable !
Hélas, le temps est menaçant, l’orage gronde et se rapproche rapidement. Nous plions rapidement nappe, assiettes et bols, et nous repartons. Le vent a forci. Il fait froid à présent. Même l’âne regimbe.
Mais il semblerait que nous soyons chanceux. L’orage nous contourne et s’en va plus loin. Nous poursuivons vers une autre vallée. La lumière est incroyable. Au loin, un rideau de pluie traversé par le soleil. A notre droite, la montagne aux 40 filles, en fait une paroi striée de crevasses qui symbolisent les filles en question. Le chemin traverse soudain un névé. Une bataille de boules de neige s’engage accompagnée de fous rires. Bref, la journée est belle.
Retour au village en soirée … avec quelques courbatures…
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